L’auto-emploi, une solution pour vaincre le chômage
Certains jeunes diplômés du Maroc ont trouvé un moyen de lutter contre le chômage, en s’engageant dans des activités en-dehors de leurs domaines d’expertise, tentant leur chance dans différents domaines, y compris ceux qui exigent un travail manuel.
Les exemples ne sont pas difficiles à trouver.
Nombre d’entre eux travaillent comme artisans, serveurs, gardiens de sécurité, pour ne citer que quelques exemples. D’autres ont décidé de prendre leur destin à bras-le-corps.
Jamal Bachiri, titulaire d’un diplôme en littérature arabe, a connu le chômage pendant deux ans, jusqu’à ce qu’il décide de travailler comme assistant dans une boutique de vêtements. Après avoir travaillé pendant deux ans pour le salaire minimum garanti, il a décidé d’ouvrir son propre magasin. Il a emprunté les fonds nécessaires auprès de membres de sa famille et s’est lancé courageusement dans cette nouvelle aventure.
Aujourd’hui, Bachiri remercie Dieu d’avoir pu surmonter ses appréhensions et d’avoir pris le risque d’ouvrir sa propre boutique. « Je n’avais rien, sinon la volonté d’évoluer. Si j’avais hésité un seul instant, je serais toujours un simple vendeur qui nourrit l’espoir de réussir un jour dans un concours de la fonction publique pour sortir de sa misère« , a-t-il expliqué à Magharebia.
« Mes deux frères travaillent avec moi et je compte développer davantage mon affaire dans un avenir proche. Il faut croire en ses rêves et foncer droit au but« , a-t-il ajouté.
Bachiri appelle les jeunes à prendre leur destin en main et à ne dédaigner aucun travail car au fil du temps, on acquiert de l’expérience. Il souligne que les diplômés sont les mieux habilités à apprendre vite les rouages des métiers même dans des domaines qui sont loin de leur spécialité d’études.
« Il faut avoir confiance en ses capacités« , explique-t-il.
Nawal Fassimi, 28 ans, diplômée en gestion d’entreprise, espère fonder une crèche. Il y a cinq ans, elle cherchait un emploi stable dans une société privée, mais sans succès. Elle a accumulé les stages, sans pour autant pouvoir trouver un poste durable.
Entre-temps, elle organisait des cours de soutien scolaire le soir pour aider des élèves du primaire et du collège, et arrivait à s’assurer un revenu mensuel de 2 000 dirhams. Elle s’est, ainsi, trouvée une vocation pour l’enseignement.
« Je créerai mon propre établissement avec un partenaire privé, au lieu de chercher un petit poste introuvable« , explique-t-elle. « Je commencerai les formalités administratives dans quelques mois. Tout est presque prêt. Plusieurs de mes amies sont encore au chômage et sont toujours dans l’attente. »
Le sociologue Hamid Soundoussi explique qu’un grand nombre de jeunes diplômés préfèrent attendre des années un poste dans une administration et ne daignent pas s’engager dans des activités professionnelles jugées « mineures ».
« Cette situation existe du fait de la solidarité familiale qui permet aux jeunes de rester sans emploi« , explique-t-il. « Les parents sont solidaires de leurs enfants et les prennent en charge financièrement pendant des années. Aussi, bon nombre de jeunes ne sont-ils pas contraints de chercher une alternative et continuent d’attendre la fonction publique. »
Soundoussi ajoute que le système éducatif devrait s’attacher à développer l’esprit d’entreprise et d’initiative chez les élèves.
Ces trois dernières années, un concours destiné à stimuler l’esprit d’entreprise chez les jeunes lycéens a été lancé. L’idée est d’encourager les élèves à monter leurs propres micro-projets et à vendre les produits de leur choix.
Une formation est dispensée au préalable aux candidats au bac, pour les initier au monde de l’entreprise et les familiariser avec la manière dont fonctionnent les banques.
« Ce programme a formé en 2010 plus de 3 000 élèves dans plusieurs villes, soit trois fois plus que l’année dernière« , a souligné M’hammed Abbad Andaloussi, vice-président et directeur général de l’association Injaz Al-Maghrib, qui supervise cette opération en partenariat avec le ministère de l’Education nationale. « L’objectif est d’en former 100 000 au cours des cinq années à venir. »
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Source: Magharebia.com
Tags: chomage, diplômés, Emploi, Maroc, supérieur








jeu, sept 9, 2010
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